Quel sera le prochain cygne noir qui fera s’effondrer les marchés ?

Tout d’abord, soyons clair et honnête, je suis parfaitement incapable de répondre à la question posée dans le titre de cet article. Personne sur terre n’en est capable d’ailleurs. Je peux très bien annoncer un krach tous les jours pendant les 20 prochaines années, j’ai de très grandes chances d’avoir raison un jour… mais ça ne fera pas de moi un devin…

Qu’est ce qu’un cygne noir ?

Un « cygne noir » est un événement imprévisible qui a une très faible probabilité d’arriver mais qui a des conséquences très importantes s’il se réalise. Ce concept de « théorie du cygne noir » a été développé par le philosophe Nassim Nicholas Taleb dans son livre Le Cygne noir.

Un cygne noir est l’illustration d’un biais cognitif. Si on ne croise et n’observe que des cygnes blancs, on aura vite fait de déduire par erreur que tous les cygnes sont blancs. C’est ce qu’ont longtemps cru les Européens avant de faire la découverte de l’existence des cygnes noirs en Australie. En réalité, seule l’observation de tous les cygnes existants pourrait nous donner la confirmation que ceux-ci sont bien toujours blancs. Cependant, prendre le temps et les moyens d’observer tous les cygnes de la Terre avant de confirmer qu’ils sont tous blancs n’est pas envisageable. Il paraît préférable de faire la supposition hâtive qu’ils sont blancs, dans l’attente de voir la théorie infirmée par l’observation d’un cygne d’une autre couleur. Ainsi construisons-nous des raisonnements à partir d’informations incomplètes, ce qui nous conduit à aboutir à des conclusions erronées.

Tout va très bien madame la marquise…

En ce début d’année 2017, les marchés financiers sont euphoriques : le CAC40 est à 5300 pts, au plus haut depuis 2007 (et même de son histoire si on compte les dividendes), le Dow Jones a dépassé 21.000 pts, le S&P 500 flirte avec les 2400 et le Nasdaq a battu son record historique à plus de 6000 pts.


S&P 500 performances long terme

Sur le plan politique, le risque économique a fortement diminué avec la défaite des partis anti-européen lors des élections en France et aux Pays-Bas (le risque était une implosion de la zone euro et de  l’Europe). Aux USA, Donald Trump envisage de baisser le taux d’imposition sur les sociétés de 35 à 15% ce qui est évidement une bonne nouvelle pour le cours des entreprises américaines.

Pour 2017 et 2018, la croissance économique est attendue légèrement en dessous de 2% en Europe (1,5% en France) tandis qu’elle serait un peu au dessus de 2% aux Etats-unis. Pour la croissance mondiale, le consensus se situe autour de 3,5% pour les deux prochaines années.

Au niveau des entreprises, les analystes tablent sur une forte croissance des bénéfices des sociétés à plus de 10% pour l’année 2017.

Tout va très bien à tel point que l’indice VIX, le baromètre du stress à Wall Street, vient d’inscrire un nouveau plancher absolu à 10,65. En gros, les investisseurs ne voient aucun nuage noir à l’horizon…

Pour quand le prochain Krach ?

Malheureusement si je pouvais prévoir les krachs boursiers, je serais beaucoup plus riche.

Ce qui est sur c’est que les périodes d’euphorie boursière se sont toujours finies par des krachs (baisse de plus de 20% des indices) comme en 2001 et en 2008. Les cygnes noirs que personne n’avait vu venir lors de ces krachs ont été l’explosion de la bulle technologique et les attentats du 11 septembre 2001 pour le premier et la faillite de la banque Lehman Brothers en 2008 (conséquence du krach immobilier aux USA) pour le deuxième.

Que faire de ses actions en bourse ?

Il y a de fortes probabilités pour que la période actuelle se termine un jour ou l’autre par une brusque baisse des marchés boursiers mais il est parfaitement impossible de savoir si cela se produira dans une semaine, un an ou cinq ans.

Par conséquent, la meilleure chose à faire est probablement de ne rien faire. Sur le long terme, les actions montent en moyenne et les cours finissent par remonter après les krachs. Par contre, il n’est pas interdit de se préparer au pire en suivant les conseils suivants :

  • Ne pas investir en bourse de l’argent dont on pourrait avoir besoin, vendre au plus bas lors d’un krach est juste catastrophique pour son épargne
  • Se préparer à garder son sang froid si son portefeuille baisse de 30% en quelques mois et subit de grosses variations. Le CAC 40 a parfois perdu (et gagné) jusqu’à 10% en une seule séance de bourse en 2008.
  • Avoir des liquidités de côté pour profiter des opportunités quand tout le monde panique et vend. C’est dans ces périodes que l’on peut gagner beaucoup d’argent « facilement ».
  • Investir son portefeuille majoritairement dans des entreprises moins risqués comme les grandes capitalisations, les entreprises des secteurs défensifs (santé, consommation, télécoms, foncières…), les entreprises peu ou pas endettées.

Il est tentant de se dire que la meilleure solution serait de tout vendre maintenant et de racheter des actions quand le krach arrivera. Malheureusement, il est impossible de faire du market timing en bourse (ceux qui y arrivent sont chanceux et ne le reproduisent jamais plusieurs fois). Cette tactique conduit généralement à des résultats désastreux pour les petits porteurs débutants.


Petits porteurs bourseQuelques cygnes noirs « envisageables »

Quelques exemples de cygnes noirs qui pourraient envoyer les bourses mondiales au tapis. Mais vu que ces oiseaux de malheur sont parfaitement imprévisibles, le prochain cygne noir qui fera chuter les marchés boursiers mondiaux n’est probablement pas dans cette liste ! 😉

  • Éclatement de la deuxième bulle internet, les valorisations de nombreuses entreprises du secteur technologique sont très élevées.
  • Une guerre Iran – Arabie Saoudite.
  • Une très forte remontée des prix du pétrole largement au dessus de 100 dollars le baril
  • Un krach immobilier et/ou une crise économique venue de Chine
  • Une guerre déclenchée par Donald Trump en Corée du nord (ou ailleurs).
  • Une forte hausse du dollars par rapport aux autres monnaies
  • Implosion de l’Europe

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